Le prêt à taux zéro, ou PTZ, est un prêt sans intérêts aidé par l'État pour l'achat d'une première résidence principale. Il ne finance jamais un projet à lui seul : il complète un prêt bancaire classique et allège le coût total du crédit. Trois conditions le commandent. Être primo-accédant, rester sous des plafonds de revenus, et acheter un logement éligible là où il se trouve. C'est ce dernier point qui décide de presque tout dans le Cambrésis. Le logement neuf est finançable dans toutes les zones depuis avril 2025. L'ancien avec travaux, lui, dépend de la zone de la commune : il est ouvert dans une partie du Cambrésis, fermé dans une autre. Le tableau des communes, plus bas, donne la zone de chacune à une date précise.
Qu'est-ce que le PTZ finance exactement, et à quelles conditions ?
Le PTZ finance l'achat de votre résidence principale : un logement neuf partout en France, ou un logement ancien avec travaux dans les communes classées en zone B2 ou C. Il s'adresse aux primo-accédants, c'est-à-dire aux personnes qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant l'offre de prêt. Le logement acheté doit devenir votre résidence principale, en principe dans l'année qui suit l'achat ou l'achèvement des travaux. Le prêt ne porte aucun intérêt et vient toujours en complément d'un prêt bancaire principal.
Quatre situations lèvent la condition de primo-accession :
- être titulaire d'une carte « mobilité inclusion » portant la mention invalidité ;
- percevoir une pension d'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie ;
- percevoir l'allocation aux adultes handicapés ou l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ;
- avoir vu son logement rendu définitivement inhabitable par une catastrophe.
Une précision utile : détenir seulement l'usufruit d'un logement, ou seulement sa nue-propriété, ne fait pas obstacle au PTZ. Le régime actuel du neuf découle de la loi du 14 février 2025 et du décret du 29 mars 2025. Il s'applique aux offres de prêt émises jusqu'au 31 décembre 2027. Le détail officiel du dispositif est publié sur service-public.gouv.fr.
Quelle part de mon achat peut être financée à 0 % ?
Entre 10 % et 50 % du coût de l'opération retenu, selon deux facteurs : le type de bien et votre tranche de revenus. Le barème est double, et c'est ce que la plupart des présentations oublient. Pour un logement neuf collectif, un logement ancien avec travaux ou un achat en bail réel solidaire, la part financée à 0 % va de 50 % pour la première tranche de revenus à 20 % pour la quatrième. Pour une maison neuve individuelle, elle va de 30 % à 10 %.
Le détail par tranche : 50 %, 40 %, 40 % puis 20 % pour un logement neuf collectif, un ancien avec travaux ou un bail réel solidaire ; 30 %, 20 %, 20 % puis 10 % pour une maison neuve individuelle.
Ce pourcentage ne s'applique pas au prix affiché par le vendeur, mais à un coût d'opération lui-même plafonné selon la zone et la taille du foyer.
| Personnes dans le foyer | Zone B1 | Zone B2 | Zone C | |---|---|---|---| | 1 | 135 000 € | 110 000 € | 100 000 € | | 2 | 202 500 € | 165 000 € | 150 000 € | | 3 | 243 000 € | 198 000 € | 180 000 € | | 4 | 283 500 € | 231 000 € | 210 000 € | | 5 et plus | 324 000 € | 264 000 € | 240 000 € |
Plafonds de coût total de l'opération applicables aux offres de prêt émises depuis le 1ᵉʳ avril 2025 (décret n° 2025-299 du 29 mars 2025), vérifiés le 27 juillet 2026.
Votre tranche de revenus dépend de votre revenu fiscal de référence rapporté à la taille du foyer et à la zone de la commune. Elle détermine aussi la durée du prêt et le différé de remboursement, détaillés plus loin.
La moitié de mon crédit à 0 %, c'est vrai ?
C'est vrai dans un cas précis, et faux partout ailleurs. Les 50 % ne concernent que la première tranche de revenus, sur un logement neuf collectif, un ancien avec travaux ou un bail réel solidaire. Une maison neuve plafonne à 30 %, et à 10 % pour la dernière tranche. Ces pourcentages portent enfin sur le coût d'opération retenu dans la limite du tableau ci-dessus, pas sur le montant total de votre crédit.
Ma commune du Cambrésis est-elle en zone B1, B2 ou C ?
Cambrai est classée en zone B1 depuis l'arrêté du 5 septembre 2025, applicable aux offres de prêt émises à compter du 30 septembre 2025. C'est, parmi les communes listées ci-dessous, la seule classée en zone B1 ; les autres relèvent de la zone B2 ou de la zone C. La différence est décisive pour un projet. En zone B1, le PTZ ne finance que le logement neuf. En zones B2 et C, il finance le neuf et l'ancien avec travaux. Le tableau reprend le zonage en vigueur au 26 juin 2026.
| Commune | Zone | Neuf | Ancien avec travaux | |---|---|---|---| | Cambrai | B1 | Oui | Non | | Proville | B2 | Oui | Oui | | Escaudœuvres | B2 | Oui | Oui | | Neuville-Saint-Rémy | B2 | Oui | Oui | | Raillencourt-Sainte-Olle | B2 | Oui | Oui | | Tilloy-lez-Cambrai | B2 | Oui | Oui | | Sailly-lez-Cambrai | B2 | Oui | Oui | | Awoingt | B2 | Oui | Oui | | Fontaine-Notre-Dame | C | Oui | Oui | | Niergnies | C | Oui | Oui | | Marcoing | C | Oui | Oui | | Masnières | C | Oui | Oui | | Caudry | C | Oui | Oui | | Le Cateau-Cambrésis | C | Oui | Oui | | Iwuy | C | Oui | Oui | | Avesnes-les-Aubert | C | Oui | Oui | | Solesmes | C | Oui | Oui |
Pour une commune qui n'y figure pas, vérifiez la liste officielle des communes classées.
La zone commande aussi vos plafonds de ressources. B2 et C ne forment pas un bloc : les plafonds de la zone C sont environ 10 % sous ceux de la zone B2. Ces plafonds sont ceux en vigueur au 27 juillet 2026 ; ils s'apprécient à la date d'émission de l'offre de prêt.
| Personnes dans le foyer | Zone B1 | Zone B2 | Zone C | |---|---|---|---| | 1 | 34 500 € | 31 500 € | 28 500 € | | 2 | 51 750 € | 47 250 € | 42 750 € | | 3 | 62 100 € | 56 700 € | 51 300 € | | 4 | 72 450 € | 66 150 € | 59 850 € | | 5 | 82 800 € | 75 600 € | 68 400 € | | 6 | 93 150 € | 85 050 € | 76 950 € | | 7 | 103 500 € | 94 500 € | 85 500 € | | 8 et plus | 113 850 € | 103 950 € | 94 050 € |
Le revenu retenu est le revenu fiscal de référence de l'année N-2, soit les revenus 2024 pour une offre émise en 2026. Une règle passe souvent inaperçue : si le coût de l'opération divisé par neuf dépasse ce revenu fiscal, c'est ce montant-là qui sert de référence. Le classement des communes figure dans la liste officielle des communes classées, en vigueur au 26 juin 2026, publiée par le ministère chargé du logement, et découle de l'arrêté du 5 septembre 2025. Ce zonage a bougé plusieurs fois ces trois dernières années : vérifiez toujours la date du document que vous consultez. Nos repères sur le financement immobilier à Cambrai suivent ces évolutions.
Peut-on acheter de l'ancien à rénover avec un PTZ autour de Cambrai ?
Oui, mais pas à Cambrai même. Le PTZ dans l'ancien avec travaux est réservé aux zones B2 et C, ce qui exclut Cambrai depuis son passage en B1. Dans les communes voisines restées en B2 ou en C, l'opération reste possible sous quatre conditions cumulatives :
- des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération ;
- des travaux non commencés avant l'accord de prêt ;
- des travaux achevés dans les trois ans suivant l'offre de prêt ;
- un logement atteignant au minimum la classe D au diagnostic de performance énergétique, avant ou après travaux.
Un piège revient souvent dans les montages : les travaux financés par un éco-PTZ, ou par un prêt avance mutation à taux zéro, ne sont pas retenus dans le coût de l'opération pris en compte pour le PTZ. Ils ne comptent donc pas dans les 25 %. Il faut construire le plan de financement dans le bon ordre, sinon le seuil n'est plus atteint.
C'est là que le marché local mérite d'être dit franchement. Le Cambrésis vit surtout de l'ancien, briques et maisons de ville. Or à Cambrai, seul le neuf ouvre droit au PTZ, et les programmes neufs y sont peu nombreux. À quelques minutes de là, à Proville, Escaudœuvres ou Neuville-Saint-Rémy, une maison ancienne à rénover peut ouvrir droit au dispositif. Pour un même budget, le choix de la commune peut peser autant que le taux obtenu.
Comment le PTZ change-t-il ma mensualité ?
Le PTZ agit de deux façons. Il supprime les intérêts sur la part qu'il finance, et il reporte souvent son remboursement dans le temps grâce à un différé. Pendant ce différé, vous ne remboursez que le prêt bancaire principal. La durée dépend de votre tranche de revenus :
- 1ʳᵉ tranche : 10 ans de différé, puis 15 ans de remboursement, soit 25 ans au total ;
- 2ᵉ tranche : 8 ans de différé, puis 12 ans, soit 20 ans ;
- 3ᵉ tranche : 2 ans de différé, puis 13 ans, soit 15 ans ;
- 4ᵉ tranche : pas de différé, remboursement sur 10 ans.
Un exemple chiffré, calculé le 27 juillet 2026, sans valeur contractuelle. Hypothèses retenues : un couple achète un appartement neuf à Cambrai, coût d'opération de 180 000 €, ménage relevant de la première tranche de revenus, donc 50 % financés à 0 %, soit 90 000 € de PTZ et 90 000 € de prêt bancaire sur 20 ans. Le taux d'intérêt de 3,30 % est une hypothèse de calcul, pas un taux constaté ni un taux proposé.
Dans cette hypothèse, la charge se fait en trois temps, hors assurance : environ 513 € par mois pendant les dix premières années, le temps du différé du PTZ ; puis environ 1 013 € par mois de la onzième à la vingtième année, quand le prêt principal et le PTZ se remboursent en même temps ; puis 500 € par mois pendant les cinq dernières années du PTZ, jusqu'à la vingt-cinquième. Le PTZ ne remplace donc pas le prêt principal : il s'y ajoute une fois le différé terminé, et il porte l'endettement à 25 ans au lieu de 20. À titre de comparaison, financer les mêmes 180 000 € sans PTZ sur 20 ans représenterait environ 1 026 € par mois hors assurance : la charge des années 11 à 20 est presque la même. Le gain du PTZ se lit donc sur le coût total, pas sur la mensualité de toute la durée — l'économie d'intérêts approche 33 000 € dans cette hypothèse. C'est cette période haute qu'il faut regarder avant de s'engager : selon les banques, un lissage des échéances peut être étudié, sans garantie qu'il soit accordé. Pour tester vos propres chiffres, le simulateur de capacité d'emprunt donne une première estimation sans laisser de coordonnées.
Cet exemple est une illustration pédagogique calculée le 27 juillet 2026 sur les seules hypothèses indiquées ci-dessus : prêt principal de 90 000 € remboursé en 240 mensualités, taux débiteur fixe hypothétique de 3,30 % l'an, hors assurance emprunteur, frais de dossier, frais de garantie et frais d'accompagnement. Il ne constitue ni une offre de prêt, ni un taux proposé, ni une simulation personnalisée : le coût réel d'un crédit se mesure sur son TAEG, qui ne peut être calculé qu'au vu d'un dossier et d'une offre. L'emprunteur dispose d'un délai de réflexion de dix jours à compter de la réception de l'offre de prêt, et la vente est subordonnée à l'obtention du prêt : si celui-ci n'est pas obtenu, les sommes versées lui sont restituées.
Avec quoi le PTZ se cumule-t-il ?
Le PTZ est un complément, jamais un financement autonome. Il s'articule avec :
- un prêt bancaire principal, obligatoire ;
- un éco-PTZ pour les travaux de rénovation énergétique ;
- un prêt Action Logement, si votre employeur y ouvre droit ;
- un plan d'épargne logement.
L'éco-PTZ mérite une mention à part pour un achat dans l'ancien : c'est un second prêt sans intérêts, dédié aux travaux de rénovation énergétique, et cumulable avec le PTZ. Rappel important dans les zones B2 et C : les travaux qu'il finance ne sont pas retenus dans le coût de l'opération pris en compte pour le PTZ, et ne comptent donc pas dans les 25 % exigés. Notre page éco-PTZ et aides à la rénovation détaille ce volet.
Quelles erreurs font perdre le PTZ ?
La plupart des refus tiennent à des détails de calendrier ou de périmètre, rarement au revenu. Les plus fréquents :
- faire démarrer les travaux avant l'accord de prêt, ce qui disqualifie l'opération ;
- viser un bien ancien à rénover à Cambrai, où la zone B1 ferme cette possibilité ;
- compter dans les 25 % de travaux ceux qui sont financés par un éco-PTZ ;
- raisonner sur les revenus de l'année en cours au lieu du revenu fiscal de référence N-2 ;
- oublier la règle du coût de l'opération divisé par neuf, qui peut remplacer ce revenu ;
- viser un logement classé sous la classe D sans prévoir les travaux qui l'y amènent ;
- dépasser le délai de trois ans pour achever les travaux ;
- destiner le logement à la location, alors qu'il doit devenir votre résidence principale.
Une erreur plus discrète mérite d'être signalée : signer un compromis sans avoir vérifié la zone de la commune. Deux communes voisines du Cambrésis n'ouvrent pas les mêmes droits, et le zonage ne se devine pas à la taille de la ville.
Comment vérifier mon éligibilité avant de chercher un bien ?
Dans l'ordre : vérifier la zone de la commune visée, comparer votre revenu fiscal N-2 au plafond de cette zone, puis estimer le coût d'opération finançable. Ces trois vérifications donnent une première indication sérieuse, avant même la première visite. Elles ne remplacent pas l'examen du dossier par la banque, seule à décider de l'octroi. Le PTZ est accordé par la banque, sous sa seule décision, dans les conditions fixées par l'État. Notre rôle est de vérifier votre dossier sur documents, de le construire et de le présenter aux banques ; la décision d'octroi n'appartient qu'à elles.
Commencez par le simulateur de capacité d'emprunt pour cadrer votre budget global, PTZ compris dans le montage. Si vous voulez savoir à quoi vous engage un accompagnement, nous expliquons ailleurs ce que coûte l'accompagnement. L'étude ne coûte rien et n'engage à rien ; les honoraires ne sont dus que si vous acceptez une offre.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Faits vérifiés le 27 juillet 2026 auprès des sources officielles (service-public.gouv.fr, Légifrance, ANIL, fichier ministériel du zonage). Le zonage des communes et les barèmes du PTZ peuvent évoluer.
Mandataire en opérations de banque (MIOBSP) et en assurances (MIA), ORIAS n°20007871 · Cambrai
Cet article donne une information générale, pas un conseil personnalisé : votre situation précise mérite une étude dédiée. Un crédit vous engage et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.