Jacqueline a 68 ans et vit à Cambrai. Sa pension et celle de son mari suffisent, sans plus. Jeudi, elle a entendu à la radio que « les retraités vont payer ». Combien ? Et sa fille, qui attend un bébé et cherche une maison, a-t-elle quelque chose à y gagner ?
Le 1er octobre, le gouvernement a présenté son projet de budget pour 2027. Il cherche 54 milliards d'euros d'économies. Voici ce qui est proposé, profil par profil. Un point avant tout : c'est un projet. Les députés l'examinent à partir du 13 octobre, et le vote final est attendu vers le 17 novembre. Tout peut encore bouger.
Les salariés : l'impôt suit les prix
Bonne nouvelle d'abord. Les tranches de l'impôt sur le revenu seraient relevées de 2,1 %, comme les prix.
Pourquoi ça compte ? L'impôt fonctionne comme un escalier : plus vous gagnez, plus vous montez de marches. Si les marches ne bougent pas pendant que votre salaire suit les prix, vous montez sans être plus riche. En les relevant, l'État évite cette hausse cachée à 20 millions de foyers.
La première marche passerait à 11 844 € de revenu par part.
Les retraités : deux coups de rabot
C'est ici que le projet frappe le plus fort.
Premier rabot : l'impôt. Aujourd'hui, les retraités déduisent 10 % de leurs pensions avant de calculer l'impôt, dans la limite de 4 439 € par foyer. Ce plafond passerait à 3 000 €.
Qui est concerné ? Les foyers qui touchent plus de 30 000 € de pensions par an, à deux. Pour eux, jusqu'à 1 439 € de revenu deviennent imposables. Cela fait jusqu'à 160 € d'impôt en plus par an dans la tranche à 11 %, jusqu'à 430 € dans celle à 30 %.
Second rabot : la hausse de janvier. Les pensions de moins de 1 260 € par mois (base et complémentaire réunies) suivraient l'inflation. Au-dessus, la hausse serait plus faible, et au-delà d'environ 2 000 € elle pourrait être nulle. Les taux exacts seront fixés par décret.
Jacqueline et son mari touchent 1 600 € chacun, soit 38 400 € par an. Leur abattement passerait de 3 840 € à 3 000 € : 840 € de plus à déclarer, soit moins de 100 € d'impôt en plus par an, souvent moins grâce à la réduction accordée aux petits impôts. Et leurs pensions augmenteraient un peu moins que les prix en janvier.
Les familles et les jeunes : des aides gelées
Les aides au logement (APL), la prime d'activité et les allocations familiales ne seraient pas augmentées en 2027. « Gelées » veut dire que le montant reste le même pendant que les prix montent : on perd un peu chaque mois sans le voir.
L'allocation de rentrée scolaire serait revue selon l'âge des enfants. Les montants ne sont pas encore connus.
Pour les étudiants, il faudrait choisir : toucher les APL, ou rester rattaché au foyer fiscal des parents. Plus question d'avoir les deux.
Les salariés en arrêt maladie : moins net qu'avant
Les indemnités versées pendant un arrêt maladie seraient soumises à une CSG de 9,2 %, comme un salaire, au lieu de 6,2 %. Celles d'une maladie longue (ALD), aujourd'hui sans impôt, deviendraient imposables pour moitié. Celles d'un accident du travail, imposables en entier.
Conséquence : un arrêt rapporterait un peu moins sur le compte en banque.
Ceux qui préparent un achat : deux portes s'ouvrent
C'est le seul profil qui y gagne nettement.
Le prêt à taux zéro s'ouvrirait aux foyers qui attendent un enfant ou qui ont un enfant de moins de 3 ans, sous conditions de ressources. Ce prêt sans intérêts complète le crédit principal pour un premier achat.
Les dons des parents seraient facilités, du 1er janvier au 30 juin 2027. Le don d'argent sans impôt passerait de 31 865 € à 50 000 €, si le parent a moins de 80 ans. Au-delà, un taux réduit de 6 % s'appliquerait jusqu'à 100 000 €, pour un enfant de 18 à 49 ans. Nous avions détaillé ce choix dans notre article donner avant le 31 décembre ou attendre 2027.
La fille de Jacqueline coche les deux cases : un bébé en route, et des parents qui pourraient l'aider.
Et maintenant ?
Le texte va être discuté, amendé, peut-être rejeté sur certains points. Mieux vaut ne rien décider sur la seule base d'une annonce. En revanche, un projet d'achat pour 2027 se prépare dès maintenant : savoir ce qu'on peut emprunter, avec ou sans l'aide des parents, prend quelques minutes.
Ce qu'il faut retenir
- Rien n'est voté : examen à l'Assemblée à partir du 13 octobre, vote final attendu vers le 17 novembre.
- Impôt : les tranches suivraient les prix (+2,1 %).
- Retraités : abattement plafonné à 3 000 € au lieu de 4 439 €, et hausse de janvier réduite au-dessus de 1 260 € par mois.
- APL, prime d'activité, allocations familiales : pas de hausse en 2027.
- Arrêt maladie : indemnités plus taxées.
- Premier achat : prêt à taux zéro pour les jeunes parents, dons des parents facilités du 1er janvier au 30 juin 2027.
Mandataire en opérations de banque (MIOBSP) et en assurances (MIA), ORIAS n°20007871 · Cambrai
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