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Gazole : 12 à 18 centimes de moins en novembre, vraiment ?

L'État ouvre ses réserves de gazole pour faire baisser le prix à la pompe. Combien vous gagnerez sur un plein, à partir de quand, et qui touche en plus l'aide de 100 € : ce que l'on sait ce lundi.

Scène en pâte à modeler : un fonctionnaire pousse un seul baril bleu sur une brouette, depuis une cave remplie de barils, vers la pompe d'une station de village, où une conductrice attend le pistolet à la main ; un petit escargot suit la brouette

Chaque matin, Karine prend sa voiture à Caudry pour aller travailler à Cambrai, puis rentre le soir. Son plein de gazole, 50 litres, lui coûte autour de 117 €. Depuis une semaine, elle entend la même promesse à la radio : le gazole va baisser en novembre. De combien, et pour combien de temps ?

Ce que l'État a décidé

Le 7 octobre, le gouvernement a annoncé qu'il mettait sur le marché 10 millions de barils de gazole tirés de ses stocks stratégiques. Ces réserves existent pour tenir en cas de crise : la France garde des mois de carburant de côté.

L'idée est simple. Ce gazole a été acheté avant la flambée des prix. L'État le revend aux distributeurs au prix qu'il l'avait payé, sans profiter du cours d'aujourd'hui. C'est un peu comme si vous vidiez un congélateur rempli quand tout était en promotion : ce qui en sort coûte moins cher que ce qu'on trouve en rayon.

La France n'agit pas seule. Le 2 octobre, les pays du G7 se sont entendus pour sortir jusqu'à 100 millions de barils de leurs réserves.

12 à 18 centimes, combien sur un plein ?

Le gouvernement estime la baisse entre 12 et 18 centimes par litre, pendant trois mois. Il parle d'environ 10 € par plein.

Sur le plein de Karine, le calcul donne de 6 à 9 € de moins. Le gazole valait en moyenne 2,34 € le litre le 11 octobre : il passerait autour de 2,16 à 2,22 €.

Pour quelqu'un qui fait un plein par semaine, cela représente de 25 à 40 € par mois. Pas une révolution, mais pas rien non plus.

Pourquoi ce « vraiment ? »

Parce qu'aucune date n'est écrite. Le communiqué du gouvernement ne fixe pas de jour de départ. La période visée va de novembre à janvier, et le ministre du Commerce, Serge Papin, parle d'un effet possible « dès le début novembre ».

Parce que la baisse est une estimation. Ce n'est pas un prix garanti. Une économiste de l'Institut Jacques Delors la voit plutôt autour de 13 ou 14 centimes. Une autre pense qu'elle peut se voir à un moment donné, mais pas tenir trois mois entiers.

Parce que tout dépend des distributeurs. Ce sont eux qui affichent le prix à la pompe. Le Premier ministre les reçoit ce lundi à Matignon pour organiser la suite, et des contrôles sont annoncés. À l'heure où nous écrivons, rien n'est sorti de cette réunion.

Parce que seul le gazole est concerné. L'essence, le fioul de chauffage et le gazole des engins agricoles ne bougent pas. Le gouvernement explique que l'accord entre les pays porte sur le diesel.

Les stations de village, un cas à part

Dans les campagnes, la station la plus proche est parfois la seule à des kilomètres. Le 10 octobre, le Premier ministre a promis une « solution » pour 339 stations isolées, et une enveloppe de 50 millions d'euros pour près de 9 000 communes rurales. Le détail reste à venir.

L'aide de 100 € s'ouvre à plus de monde

C'est la nouvelle la plus concrète pour beaucoup d'automobilistes. L'aide carburant des « grands rouleurs » vaut 100 € pour octobre, novembre et décembre. Elle s'ouvre désormais selon le salaire net, et non plus selon l'avis d'impôt :

  • 2 035 € par mois au plus pour une personne seule ;
  • 4 070 € pour un couple avec un enfant ;
  • 6 100 € pour un couple avec deux enfants.

Il faut aussi faire au moins 15 km par trajet entre le domicile et le travail, ou 8 000 km par an pour le travail, avec une voiture thermique ou hybride non rechargeable. Une seule aide par véhicule.

Le calendrier :

  • Depuis ce lundi 12 octobre, un simulateur sur impots.gouv.fr dit si vous y avez droit ;
  • à partir du 22 octobre, la demande se fait dans votre espace Finances publiques ;
  • l'argent arrive une dizaine de jours plus tard.

Vérifier si j'y ai droit

Si vous l'avez déjà touchée, vous n'avez rien à faire : le versement est automatique. Bercy estime que 5,5 millions de personnes pourront y prétendre, contre 3 millions jusqu'ici.

Karine fait 18 km pour aller travailler et gagne moins de 2 035 € net : elle coche toutes les cases.

Quand le plein s'ajoute à d'autres mensualités

Pour beaucoup de ménages du Cambrésis, la voiture n'est pas un choix : sans elle, pas de travail. Quand le carburant monte en même temps que d'autres dépenses fixes, ce sont souvent les crédits en cours qui finissent par peser le plus. Faire le point sur l'ensemble de ses mensualités, une fois par an, permet de savoir où l'on en est avant que le budget ne se tende.


Ce qu'il faut retenir

  • 10 millions de barils de gazole des réserves de l'État sont revendus aux distributeurs à leur prix d'achat.
  • 12 à 18 centimes de moins par litre : c'est l'estimation du gouvernement, de novembre à janvier, sans date de départ fixée. Soit 6 à 9 € sur un plein de 50 litres.
  • Seul le gazole est concerné, pas l'essence ni le fioul.
  • L'aide de 100 € s'ouvre selon le salaire net : simulateur sur impots.gouv.fr dès aujourd'hui, demande à partir du 22 octobre.
  • Déjà bénéficiaire ? Le versement est automatique.
Portrait de Georges-Paul Boda
Georges-Paul Boda

Mandataire en opérations de banque (MIOBSP) et en assurances (MIA), ORIAS n°20007871 · Cambrai

Cet article donne une information générale, pas un conseil personnalisé : votre situation précise mérite une étude dédiée. Un crédit vous engage et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

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