Depuis le 1er juillet, de nouveaux taux d'usure s'appliquent : ce sont les plafonds légaux que le TAEG d'un crédit ne peut pas dépasser. La Banque de France les a publiés le 29 juin 2026, pour trois mois. Pour un regroupement adossé à un bien immobilier, le plafond des prêts à taux fixe de 20 ans et plus passe de 5,19 % à 5,29 %. Pour un regroupement de crédits à la consommation de plus de 6 000 €, il s'établit à 8,56 %. Concrètement, un dossier qui butait sur le plafond au printemps retrouve un peu de marge cet été, surtout s'il comporte une part immobilière. Voici les chiffres, et comment les lire pour votre situation.
Quels sont les nouveaux plafonds depuis le 1er juillet ?
Le taux d'usure est le TAEG maximal auquel un établissement a le droit de prêter. Il est recalculé chaque trimestre par la Banque de France. Les seuils en vigueur du 1er juillet au 30 septembre :
- prêts immobiliers à taux fixe de 20 ans et plus : 5,29 % (contre 5,19 % au trimestre précédent) ;
- prêts immobiliers à taux fixe de 10 à moins de 20 ans : 4,57 % ;
- prêts immobiliers à taux fixe de moins de 10 ans : 4,07 % ;
- prêts immobiliers à taux variable : 5,28 % ;
- crédits à la consommation de plus de 6 000 € : 8,56 % ;
- crédits de plus de 3 000 € à 6 000 € : 15,67 % ;
- crédits jusqu'à 3 000 € : 23,53 %.
Les plafonds immobiliers progressent tous légèrement par rapport au deuxième trimestre.
Pourquoi le taux d'usure pèse-t-il autant sur un regroupement ?
Parce que le plafond s'applique au TAEG, pas au seul taux nominal. Le TAEG additionne tout : les intérêts, les frais de dossier, les frais de garantie, l'assurance et les éventuels honoraires d'intermédiaire. Or un regroupement cumule plusieurs de ces postes à la fois. À taux nominal égal, son TAEG grimpe donc plus vite que celui d'un crédit classique, et se rapproche plus tôt du plafond. C'est pour cette raison qu'un relèvement, même de 0,10 point, compte davantage en rachat de crédits qu'ailleurs : il redonne de l'espace précisément là où les dossiers se jouent.
Immobilier ou consommation : quel plafond concerne votre dossier ?
Tout dépend de la composition des crédits regroupés. Si la part de crédits immobiliers dépasse 60 % du montant total, l'opération relève du régime immobilier. Le plafond applicable est alors celui de la durée du nouveau prêt, souvent la catégorie 20 ans et plus quand l'opération est garantie par le bien. En dessous de ce seuil de 60 %, l'opération relève du crédit à la consommation, le plus souvent la tranche au-dessus de 6 000 €. Le mécanisme complet est détaillé dans notre article Rachat de crédits : comment ça marche et à quel prix ?
Un dossier refusé au printemps peut-il repasser ?
Parfois, oui. Quand un refus tenait au dépassement du taux d'usure, et non à la solidité du dossier, le relèvement des plafonds immobiliers peut suffire à faire rentrer le TAEG sous le seuil. Les profils concernés sont surtout les regroupements longs garantis par un bien, où quelques centièmes de point font la différence. Rien d'automatique pour autant : chaque dossier dépend aussi des conditions du marché et de la situation de l'emprunteur au moment de l'étude. Le bon réflexe est simple : refaire chiffrer l'opération avec les conditions de l'été, plutôt que de rester sur un refus daté du printemps.
Comment mettre ces trois mois à profit ?
Ces plafonds valent jusqu'au 30 septembre ; ceux du trimestre suivant ne sont pas connus à l'avance. La démarche utile tient en trois temps :
- refaire une estimation de mensualité unique avec vos crédits actuels ;
- réunir les derniers relevés de chaque crédit, capital restant dû compris ;
- comparer par écrit le coût total de l'opération avec celui de vos crédits en cours.
Une proposition sérieuse se juge sur ce coût total, tous frais compris, jamais sur la seule mensualité.
La diminution du montant des mensualités peut entraîner l'allongement de la durée de remboursement et une augmentation du coût total du crédit. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Pour situer votre dossier par rapport à ces nouveaux plafonds, commencez par estimer votre mensualité unique. L'étude de votre dossier par notre cabinet est gratuite et sans engagement : contactez-nous.
Questions fréquentes
Le taux d'usure peut-il changer pendant mon remboursement ?
Non. Le taux d'usure s'apprécie une seule fois, à la date où l'offre de prêt est émise. Une fois le contrat signé, les révisions trimestrielles suivantes ne concernent que les nouvelles offres. Votre taux et vos mensualités restent ceux du contrat, quelle que soit l'évolution des plafonds.
Que se passe-t-il si le TAEG proposé dépasse le plafond ?
L'établissement n'a pas le droit de prêter au-dessus du taux d'usure : l'offre ne peut pas être émise en l'état. Le dossier est alors refusé, ou retravaillé pour faire baisser le TAEG, par exemple en ajustant la durée, les frais ou le contrat d'assurance. C'est un travail de montage, pas une fatalité.
Ces plafonds sont-ils les mêmes partout en France ?
Oui. Les taux d'usure sont fixés au niveau national par la Banque de France et s'imposent à tous les établissements, quelle que soit votre région. Ils s'appliquent du 1er juillet au 30 septembre, avant la prochaine actualisation trimestrielle.
Mandataire en opérations de banque (MIOBSP) et en assurances (MIA), ORIAS n°20007871 · Cambrai
Cet article donne une information générale, pas un conseil personnalisé : votre situation précise mérite une étude dédiée. Un crédit vous engage et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.