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« Les députés approuvent le PTZ parentalité » : pourquoi ce n'est pas encore fait

Le titre a fait le tour des réseaux : les députés ont approuvé un prêt à taux zéro pour les jeunes parents, même déjà propriétaires. C'est vrai, mais en commission seulement. Ce qui est proposé, ce qui reste à voter, et ce que ça donnerait à Cambrai.

Scène en pâte à modeler : un couple attendant un bébé et leur petit garçon, devant une petite maison posée sur une table avec un berceau à la fenêtre, regardent un ouvrier qui pose une passerelle de planches vers une grande maison de briques rouges

« Les députés approuvent la création d'un prêt à taux zéro parentalité. » Depuis le 8 octobre, ce titre circule partout, sur les chaînes d'information comme sur les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes parents l'ont lu comme une bonne nouvelle déjà acquise. Elle ne l'est pas encore. Le titre est exact, mais il manque un mot : ces députés ont voté en commission. Voici ce que cela veut dire, et pourquoi il faudra encore attendre.

Ce qui a vraiment été approuvé

Le prêt à taux zéro, qu'on appelle PTZ, est un prêt sans intérêts : c'est l'État qui paie les intérêts à la banque. Il vient s'ajouter au crédit principal et en allège le coût. Aujourd'hui, il est réservé à ceux qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale depuis deux ans.

Le 8 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a voté une version très généreuse d'un PTZ pour les jeunes parents :

  • un enfant de moins de 5 ans, ou un enfant à naître ;
  • même si l'on est déjà propriétaire ;
  • plus aucune condition de revenus ;
  • jusqu'à 100 000 € de prêt, dans la limite de la moitié du coût ;
  • la possibilité de financer l'agrandissement de son logement ;
  • et un PTZ prolongé jusqu'à fin 2030, au lieu de fin 2027.

C'est cette version que les titres ont reprise. C'est aussi la plus fragile.

Pourquoi ce n'est pas encore fait

Une commission prépare, elle ne décide pas. C'est un petit groupe de députés qui examine le budget avant tout le monde. Son vote a une valeur indicative. Quand le texte arrive dans l'hémicycle, devant les 577 députés, ils repartent du projet du gouvernement, pas de la version de la commission. Chaque ajout doit être voté une seconde fois.

Le gouvernement proposait beaucoup moins. Dans son projet de budget, présenté le 1er octobre, le PTZ s'ouvre bien aux parents déjà propriétaires, mais avec un enfant à naître ou de moins de 3 ans, sous les plafonds de revenus actuels, une seule fois par personne, et sans montant propre. Pas de 100 000 €, pas d'agrandissement, pas de prolongation jusqu'en 2030.

La version de la commission coûte cher, et elle divise. La gauche s'oppose à cet élargissement ; les Écologistes rejettent tout le dispositif. Un député du groupe Renaissance l'a résumé d'une formule : « Le PTZ, c'est zéro pour l'emprunteur, mais pas zéro pour le contribuable. » Rien ne dit que la séance gardera ces ajouts.

Et il reste du chemin. Le vote des députés sur cette partie du budget est prévu le 20 octobre, celui sur l'ensemble du budget le 17 novembre. Le texte part ensuite au Sénat, qui peut tout changer, avant une adoption définitive en fin d'année. Il faudra enfin un décret pour que les banques puissent proposer ce prêt. Au mieux, il serait ouvert en 2027.

C'est un peu comme une maison dont le permis de construire n'est pas encore signé : le plan est sur la table, on peut déjà rêver des pièces, mais personne ne sait encore lesquelles seront construites.

Ce qui a de bonnes chances de rester

Le cœur de la mesure figure dans le texte du gouvernement lui-même : ouvrir le PTZ aux parents déjà propriétaires. C'est la vraie nouveauté, et c'est elle qui a le plus de chances d'aller au bout. Le gouvernement s'appuie sur un constat de l'Insee : l'arrivée d'un enfant double la probabilité de déménager dans les quatre ans.

Le même texte supprime aussi la limite de 2,1 milliards d'euros que l'État s'était fixée chaque année pour ce prêt. Elle n'avait pas bougé depuis 2016, alors que le nombre de PTZ est passé d'environ 44 000 en 2024 à près de 73 000 en 2025.

Et à Cambrai ?

Élodie et Mathieu ont acheté leur appartement à Cambrai il y a quatre ans. Léo est arrivé, un deuxième enfant est en route, ils cherchent une maison avec un jardin. Jusqu'ici, le PTZ leur était fermé.

Avec la version du gouvernement, il s'ouvrirait, à condition de rester sous les plafonds de revenus. Mais les règles de zone ne changeraient pas. Depuis septembre 2025, Cambrai est classée en zone B1, une catégorie de communes où le logement est jugé plus tendu : le PTZ n'y finance que le neuf. Dans les communes classées B2 ou C, ce qui est le cas de nombreux villages autour, il finance aussi l'ancien avec travaux ; la zone se vérifie commune par commune.

La version de la commission parle de déroger aux « autres dispositions » du PTZ. Personne ne sait encore si l'ancien deviendrait alors possible en ville.

Faut-il attendre pour acheter ?

Pas forcément. Attendre un prêt qui n'existe pas encore peut faire rater un bien, ou une période où les taux sont plus doux. La bonne démarche, c'est de faire le point maintenant sur ce que vous pouvez emprunter, avec et sans ce PTZ. Le jour où les règles sont fixées, vous saurez tout de suite si elles changent votre projet. Nous mettrons cet article à jour après le vote du 20 octobre.


Ce qu'il faut retenir

  • « Approuvé » ne veut pas dire « adopté » : le 8 octobre, seule la commission des finances a voté, à titre indicatif.
  • La version qui fait les titres (moins de 5 ans, sans condition de revenus, jusqu'à 100 000 €) est celle de la commission, la plus fragile.
  • La version du gouvernement : un enfant à naître ou de moins de 3 ans, même déjà propriétaire, sous plafonds de revenus, une seule fois.
  • Le 20 octobre, les députés votent cette partie du budget ; puis le Sénat, l'adoption définitive et un décret. Au mieux, ouverture en 2027.
  • À Cambrai (zone B1), le PTZ ne finance aujourd'hui que le neuf ; dans les communes classées B2 ou C, aussi l'ancien avec travaux.
Portrait de Georges-Paul Boda
Georges-Paul Boda

Mandataire en opérations de banque (MIOBSP) et en assurances (MIA), ORIAS n°20007871 · Cambrai

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